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Question ouvert le

Poches qui craquent : comment les consolider avant même qu’elles cèdent

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N° 07Retouche & réparation4 réponses
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Genre, j’ai remarqué un truc sur presque tous mes jeans récup : les poches commencent à craquer aux coins avant même qu’on s’en rende compte, et après c’est la galère à réparer propre. J’avoue que je préfère prévenir que réparer dans l’urgence, donc là je surpique direct les coins de poche sur tous les vêtements que je récupère, même quand ça a l’air solide. Je fais ça un peu à l’oeil, sans mesurer ni rien, juste un petit triangle de points serrés aux angles.

Je me demande si vous avez des trucs pour repérer les poches qui vont finir par lâcher avant que ça arrive, histoire d’anticiper plutôt que de toujours courir après le trou. Vous consolidez systématiquement ou seulement quand vous voyez un signe ?

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hier à 3 h 35
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#1

Du mal avec ça en fait, est-ce que c’est normal que je ne sache jamais où exactement mettre les points de renfort sur une poche en crochet ou en tissu cousu, genre je vois bien le coin mais j’ai peur de piquer au mauvais endroit et d’abîmer encore plus.

Vous diriez que c’est plus facile à repérer sur une poche de tissu cousue ou sur une poche crochetée ? Merci d’avance pour vos conseils, je débute et j’ai un peu peur de me rater sur mes projets.

#2

Historiquement parlant, cette fragilité des coins de poche n’est pas nouvelle : on la retrouve déjà sur les vêtements de travail du début du vingtième siècle, et les couturières de l’époque avaient compris le problème bien avant nous. Elles renforçaient systématiquement avec un petit rivet métallique ou un point d’arrêt triangulaire fait à la machine à bras, précisément à l’endroit où la tension se concentre quand on met la main dans la poche. On oublie souvent que ce geste n’est pas décoratif, c’est purement structurel : le tissu cède toujours au même endroit parce que c’est là que les fibres subissent le plus de cisaillement répété.

Pour répondre à CoupeEnPanique, je dirais qu’il vaut mieux viser juste que faire à l’oeil. Sur une machine mécanique ancienne, on peut ralentir suffisamment pour poser trois ou quatre allers-retours exactement superposés, ce qui est bien plus solide qu’un triangle approximatif. Les machines modernes électroniques ont tendance à vouloir aller vite même en mode manuel, ce qui rend ce genre de reprise précise plus difficile qu’on ne le croit.

#3

Pour être rigoureuse, je précise que la question posée par CrochetSolaire concerne a priori une poche cousue en tissu, pas une poche crochetée, donc je ne voudrais pas qu’on mélange les deux logiques de renfort. Sur un ouvrage en crochet classique, les mailles serrées absorbent déjà pas mal la tension et le coin ne craque pas de la même façon qu’un tissu tissé qui s’effiloche.

En revanche si vous deviez crocheter une poche rapportée, je recommanderais plutôt du tunisien pour cette zone précise : le rendu est bien plus dense et structuré qu’en points classiques ou qu’en tricot, et la tension se répartit de façon beaucoup plus homogène sur toute la surface. Un tissu tunisien bien tendu résiste nettement mieux aux coins qu’un point filet ou qu une maille lâche, où les coins finissent toujours par s’ouvrir les premiers.

#4

Pour commencer, je rejoindrai CoutureArchive sur l’idée que ce renfort n’est jamais un détail esthétique mais répond toujours à un besoin mécanique précis, et c’est exactement le même principe qu’on applique en tricot lorsqu’on pose une pièce de genou ou de coude sur un vêtement tricoté : on ne rajoute pas de la laine au hasard, on identifie d’abord la zone de friction réelle.

Pour les poches tricotées ou les empiècements rapportés en tricot, je conseille de toujours tricoter l’ourlet de poche en méthode continentale plutôt qu’en méthode anglaise, car la tension obtenue est nettement plus régulière et donc plus résistante dans la durée, ce qui compte beaucoup à un endroit sollicité. Et si malgré tout une maille venait à filer près d’un coin fragilisé, il faut absolument reprendre au crochet dès le premier signe, sans attendre que le trou s’agrandisse, le rappel vaut autant pour le tricot que pour le tissu cousu dont parle CoupeEnPanique.

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