Historiquement parlant, cette fragilité des coins de poche n’est pas nouvelle : on la retrouve déjà sur les vêtements de travail du début du vingtième siècle, et les couturières de l’époque avaient compris le problème bien avant nous. Elles renforçaient systématiquement avec un petit rivet métallique ou un point d’arrêt triangulaire fait à la machine à bras, précisément à l’endroit où la tension se concentre quand on met la main dans la poche. On oublie souvent que ce geste n’est pas décoratif, c’est purement structurel : le tissu cède toujours au même endroit parce que c’est là que les fibres subissent le plus de cisaillement répété.
Pour répondre à CoupeEnPanique, je dirais qu’il vaut mieux viser juste que faire à l’oeil. Sur une machine mécanique ancienne, on peut ralentir suffisamment pour poser trois ou quatre allers-retours exactement superposés, ce qui est bien plus solide qu’un triangle approximatif. Les machines modernes électroniques ont tendance à vouloir aller vite même en mode manuel, ce qui rend ce genre de reprise précise plus difficile qu’on ne le croit.