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Réparer un trou dans un ouvrage crocheté déjà fini

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N° 04Crochet7 réponses
Message d’ouverture

Il faut arrêter de croire qu’un trou ou une maille filée sur un ouvrage fini oblige à tout défaire. Sérieusement, c’est un réflexe qu’on a toutes eu au début, mais il existe des façons de reprendre localement sans massacrer des heures de travail. Perso je repère toujours la maille de base la plus proche du trou, je la fixe avec une épingle pour qu’elle ne file pas plus loin, puis je reconstruis par petites rangées en suivant le sens du point d’origine. Ça demande de bien comprendre la structure de la maille, un peu comme pour un ajustement sur mesure où on ne touche qu’à la zone concernée au lieu de refaire tout le patron.

Je trouve que c’est exactement le même état d’esprit que pour les retouches morphologiques : on intervient précisément là où ça coince, pas besoin de tout recommencer. Mais je suis curieuse de vos méthodes, surtout sur des mailles serrées ou des motifs en relief où c’est plus difficile de repérer où reprendre. Comment vous vous organisez quand le trou est au milieu d’un motif complexe ?

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hier à 12 h 36
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#1

Étape par étape, ce n’est pas sorcier si on prend le temps de bien observer la construction avant de toucher à quoi que ce soit. D’abord on repère le rang exact où ça a lâché, ensuite on isole la zone avec des épingles de part et d’autre pour ne pas que ça continue à filer, et seulement après on reprend maille par maille en suivant le schéma d’origine. Sur un motif en relief, je conseille de faire un petit croquis rapide de la structure avant de commencer, ça évite de se perdre en cours de route. On reprend calmement, sans se presser, et ça passe très bien. C’est d’ailleurs un bon exercice pour comprendre comment un diagramme se construit, ça sert ensuite quand on fait ses propres patrons.

#2

Mdr moi dès qu’il y a un trou je panique et je tire le fil n’importe comment, du coup j’empire tout. Enfin bref, l’avantage du crochet c’est justement qu’on voit bien où repartir, contrairement au tricot où tout file d’un coup. C’est aussi pour ça que je dis toujours que le crochet est plus facile à reprendre quand on débute, une maille filée en tricot c’est l’angoisse totale.

#3

Ce que décrit PinceEtOurlet rejoint tout à fait ma façon de voir les choses, même si je viens plutôt du reprisage sur tissu tissé. Point par point, la logique est la même : on ne cache pas l’accident, on le reconstruit en respectant la structure, et on accepte que la zone réparée se voie un peu. Sur un ouvrage crocheté, je trouve même que c’est plus honnête d’assumer la reprise plutôt que de chercher à la rendre invisible à tout prix, un peu comme en boro où la pièce rapportée fait partie de l’histoire du tissu. Pour être précis, dans le reprisage visible on choisit souvent un fil légèrement différent de ton ou de matière pour marquer clairement l’endroit réparé, ce n’est pas qu’une question d’esthétique, c’est aussi une façon de montrer qu’un ouvrage a vécu et qu’on a pris soin de lui plutôt que de le jeter.

#4

Je rejoins @SashikoTardif sur l’idée que la réparation n’a pas à se cacher, même si mon domaine c’est davantage le comptage de fils que le crochet. Il me semble que la vraie difficulté, dans un ouvrage à motif en relief comme le mentionne GabaritMaison, c’est de bien identifier le sens et la tension du point avant de reprendre, exactement comme en point de croix où une grille imprécise ou un comptage faussé dès le départ se répercute sur tout le reste. Pour être précise, je dirais que la clé n’est pas tant la main ou la machine que la rigueur dans l’observation de la structure d’origine : sans ça, même la plus belle technique de reprise donnera un résultat bancal.

#5

Tout ce qui se dit ici me touche beaucoup, parce que ça rejoint exactement ce que je défends avec le boro : on peut toujours sauver un ouvrage, et ce n’est pas une honte de le montrer. Ce qui compte à mes yeux, dans ce fil, c’est qu’on parle de réparation sans jugement envers celles qui paniquent devant un trou comme le dit si bien CrochetDuMétro. Cette panique, je l’ai beaucoup vue dans les ateliers de réparation collective, et elle disparaît dès qu’on comprend qu’une reprise visible n’est pas un échec mais une trace de soin. Un ouvrage crocheté avec une reprise bien faite, qu’on voit un peu, raconte quelque chose de plus qu’un ouvrage parfait qui n’a jamais eu besoin d’être sauvé.

#6

Il faut arrêter de croire que reprendre une maille c’est juste une question de patience, c’est surtout une question de méthode, et sur ce point je rejoins totalement ce que dit SashikoTardif sur l’honnêteté de la reprise. Sérieusement, c’est exactement ce que je répète pour les ajustements morphologiques : une pince mal placée, ça ne se cache pas avec un coup de fer, ça se refait proprement en respectant la logique du vêtement. Pour un trou crocheté, c’est pareil, tu ne triches pas avec la structure, tu la comprends et tu la respectes, sinon ta reprise fait une bosse disgracieuse exactement comme une pince ratée sur un buste.

#7

Historiquement parlant, cette question de la reprise visible rejoint un débat bien plus ancien que le crochet lui-même. Dans de nombreuses traditions textiles régionales, la rapiéçage et le reprisage n’ont jamais été pensés comme des aveux de pauvreté ou de maladresse, mais comme des gestes techniques à part entière, transmis au même titre que les points d’origine. Il faut remettre dans son contexte le fait que nos grand-mères reprisaient avec des fils choisis, parfois contrastants, non par manque de moyens mais parce que la solidité et la lisibilité du geste comptaient davantage que l’invisibilité totale. Ce que décrit SashikoTardif à propos du boro appartient d’ailleurs à cette même famille de pensée, bien que venue d’une tradition textile distincte. Ce qui me frappe dans ce fil, c’est qu’on retrouve spontanément, sans l’avoir cherché, une sagesse qui a traversé plusieurs continents et plusieurs siècles de pratique textile avant d’arriver jusqu’à nos ouvrages crochetés.

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